Sauvons le train

Sauvons le train

Réunion du 6 février à Gap

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Compte-rendu de la réunion du 6 février à Gap 
sur le train Interci[b]tés Paris-Briançon
[/b]
Proposé par le collectif Guillestrois-Queyras

À cette réunion, organisée à l’initiative de MM. J.Y.Petit et J.Giraud – respectivement Vice-Président du Conseil Régional PACA en charge des Transports et Député-Maire de l’Argentière-la-Bessée, participaient deux représentants de  SNCF Mobilités (ex-SNCF Opérateur) et un représentant de SNCF Réseau (ex-RFF).
Une soixantaine de personnes étaient présentes dans la salle (élus, les différents collectifs, associations (FNAUT, FNE, SAPN, AFITRAC, ABOUTIR), syndicats de cheminots (CGT, FO), citoyens, usagers…)
J.Y.Petit  rappelle que, le 30 janvier dernier, s'est déroulée à Marseille, au Conseil régional, une réunion de "Diagnostic" de la Commission présidée par M. le Député Philippe DURON sur l'avenir des TET (Trains d'Equilibre du Territoire) et plus précisément sur celui du train Paris-Briançon(1). M. Duron a été attentif à l’exposé fait par les élus et les représentants des collectifs. La Commission paraît avoir bien pris en compte les arguments qui ont été présentés à ses membres.
J.Giraud mentionne que plus il y aura de citoyens qui se mobiliseront mieux ce sera. M. Duron semble d’ailleurs avoir été très impressionné par la forte mobilisation des citoyens, utilisateurs ou non de ce train et des autres trains desservant le territoire. À l’attention de la SNCF, J.Giraud évoque le problème du transport des groupes qui ne peuvent pas réserver dans le train de nuit. Il précise que les Hautes-Alpes constitue le département qui fait, au niveau national, le plus de tourisme social (centres de vacances, colonies…) et il souhaiterait que la SNCF revoie la question du transport des groupes.
J.Y.Petit précise que, dans un rapport disponible fin février, la Cour des Comptes demande la suppression des TET. Mais, ajoute-t-il, elle est dans son rôle. Il indique que, pour ces trains dont le niveau de recettes serait estimé à 70 %, l’État et la SNCF ne doivent pas réagir sur une logique purement comptable. D’autre part, il indique que le prochain Contrat de projets (2015-2020) devrait
être finalisé fin Mai-début juin 2015.
Albert Gissinger, Président du Collectif Citoyen de Défense des Dessertes Ferroviaires du Val de Durance, ajoute que -même si Karine Berger, députée des
Hautes-Alpes, considère que "C’estgagné !"- il faut rester mobilisés. Interrogé sur son impression,le représentant de France Nature Environnement également présent  à la réunion de Marseille, confirme qu’il fautcontinuer à être vigilant.
Le représentant de SNCF Mobilitésrappelle qu’il y aura 19 trains supplémentaires durant la période du 8 février
à la mi-mars. Ces 19 trains représentent 15048 places en plus des 800 places
que peut offrir le seul train régulier(2). Le représentant de laSNCF ajoute qu’en 2014, la régularité du train de nuit a été de 87 %  et son taux de remplissage s’est situé entre46 % et 100 %.
Le représentant de SNCF Réseau expliqueque la voie unique a besoin de travaux de régénération. Les engins moteurs
actuels (BB 67400) sont en fin de vie et la mise en place des locomotives "nouvelle génération" originaire du Fret (BB 75300) est incompatible avec le réseau sur lequel elles doivent circuler. Pour assurer la traction du train Intercités, il faut ajouter des batteries en bas de caisse des locomotives  qui risquent d’engager le gabarit et qui font passer leur charge par essieu à 23 t. Conséquences : 4 ouvrages d’art entre Gap et Briançon ne peuvent supporter ce surpoids. Ils devront donc être renforcés, celui qui franchit la Gyronde après la gare de l’Argentière devant même être remplacé. Cette opération devrait se faire en octobre-novembre 2015. D’autre part, 22 quais entre Veynes et Briançon doivent être modifiés (rabotage d’une partie du quai) pour permettre le passage du marchepied de la machine qui sera lui-même adapté au nouveau gabarit. La préparation du renouvellement de la voie (rails-traverses-ballast) se fera en 2016 et les travaux auront lieu en 2017. Le financement de ces travaux
s’élevant à 22 M€ est assuré par l’État : 7,3 M€, SNCF Réseau : 2,8 M€, Région PACA : 7,3 M€, Département 05 : 4 M€. Des limitations de vitesse, pouvant descendre jusqu’à 30 km/h, seront mises en place sur certaines parties de la ligne jusqu’en 2017. Les locomotives BB 75300 commenceront à
assurer la traction du train Paris-Briançon et retour au service d’hiver 2015/2016.
Le représentant de SNCF Réseau indique que 150 M€ ont déjà été dépensés sur la ligne du Val de Durance. Il précise qu’il faudra 15 M€ pour moderniser l’étoile de Veynes : 6 M€ : État, 6 M€ : Région, 1 M€ : Conseil Général, ainsi qu’une participation de la Région Rhône-Alpes, l’objectif étant de
faire les études entre 2015 et 2017 et une 1ère série de travaux à engager entre 2017 et 2020.

Questions posées ou indications données pardes personnes présentes dans la salle :
-  Le représentant CGT cheminots précise qu’il est conducteur (dépôt de Veynes) et il s’étonne que la SNCF n’ait pas anticipé plus tôt sur la question de la compatibilité des locomotives BB 75300 avec la
voie, les quais et les ouvrages d’art.
-  La représentante FO cheminots (Val de Durance)indique que 20 emplois disparaîtront si le TET est supprimé.
-  Madame Eymeoud, Maire d’Embrun, dit qu’il faudra que le Collectif Citoyen de Défense des Dessertes Ferroviaires du Val de Durance et que les élus présents ici se montrent intransigeants pour obtenir de l’État non seulement l’achèvement des travaux sur la ligne mais aussi le remplacement du matériel roulant pour assurer la pérennité de la desserte.
-  Monsieur de Caumont, ancien Maire de Briançon,dit qu’il pratique le train de nuit depuis 1949 et que la qualité de la desserte n’a cessé de se dégrader au fil des ans. Il ajoute que la Société ALSTOM va licencier un tiers de ses effectifs, faute d’avoir obtenu des contrats pour la construction de matériel ferroviaire. Pourquoi cette société ne peut-elle pas réaliser des voitures pour remplacer celles qui circulent actuellement et qui vont devenir obsolètes ?
-  Le Maire de Luc-en-Diois rappelle que le train de nuit ne dessert plus sa gare que le dimanche soir et le lundi matin (pour les scolaires). Il aimerait avoir des informations sur les tarifs pratiqués sur ce train.
-  Le représentant de l’association ALAS demandeque la SNCF étudie un TET Marseille-Aix-Grenoble. Il lui est répondu que ce type de relation fait partie des TER ou des Intervilles.
-  Des personnes sont intervenues pour dire que lestemps de trajets sont trop longs : Briançon-Gap-Marseille en 4 h 30 (meilleur temps de parcours), même si la pénétration en zone urbanisée donne souvent l'avantage au rail.
Lesreprésentants de la SNCF Mobilités doivent revoir la question de l’acceptabilité des réservations pour les voyageurs se déplaçant en groupes et désireux de prendre le train de nuit.
Le collectifGuillestrois-Queyras
Bonnardel/Boulanger/Carrara/Lebreton
 
(1) Voir le communiqué du Collectif Citoyen de Défense des Dessertes Ferroviaires du Val de Durance diffusé fin Janvier et qui a été envoyé à chaque Collectif.
(2) À noter que le représentant de la SNCF  a donné  112 000 passagers et que sur son blog le collectif annonce 116 000 voyageurs/an. Un intervenant a indiqué  que le Comité Départemental du Tourisme possède les chiffres de fréquentation des vacanciers. Fait-il allusion à ceux qui arrivent par la route ou bien par la route + les trains (Intercités + TER ou bien seulement les Intercités) ?

 
Annexe proposée par Francis Boulanger

Cette annexe comportait des images qu'il est difficile de reproduire ici.

Locomotives diesel-électriques : BB 67400 et BB 75000-75300BB 67602
Caractéristiquestechniques : Série BB 67400 
Constructeur : BL -MTE - SEMT
Engins construits :232
Amortissement :depuis 2006
Numérotation : BB67401-67632
Année de construction: 1969 - 1975
Effectif en service :225 au 01/02/10
Vitesse maximale :140 km/h
Longueur hors-tout : 17,090 m
Largeur : 2,940 m; hauteur : 4,140 m
Motorisationthermique : SEMT 16PA, 16 cylindres en V SEMT
Transmissionélectrique triphasé-continu avec 2 moteurs de traction
Capacité réservoir :3400 litres
Puissance/aux arbresdes moteurs: 1765 kW/1525 KW
Carburant : gazole
Transmission :électrique
Masse : 83,3 t
Autonomie : 900 km

Locomotives
BB 75000
Caractéristiques techniques : Série BB 75000
Entrepriseferroviaire : SNCF Fret/SNCF Infra/Société Akiem
Constructeur :Alstom - Siemens
Engins construits :400
Année deconstruction : 2006 - 2015
Effectif en service: 115 au 01/07/09
Vitesse maximale :120 km/h
Longueur hors-tout :20,280 m – largeur : 2,857 m – hauteur : 4,260 m
Motorisationthermique : 1 moteur MTU 16 cylindres en V- 4000 R41
Chaîne de traction IGBT(électrique) : alternateur, redresseurs, onduleurs, 4 moteurs  asynchrone-triphasé à ventilation forcée
Capacité réservoir :4000 litres
Puissance installée/auxarbres des moteurs: 2000KW/1600 KW
Carburant : gazole
Transmission :électrique
Masse    84 t (*)


* 6 locomotives doivent subir desmodifications pour permettre la traction de trains type « Intercités » dont 4 locomotives destinées à la remorque du Paris-Briançon (ajout d’un branchement pour liaison interphonique, d’un câblot 1500V pour le chauffage train (ou climatisation rame) et surtout installation de batteries supplémentaires) ce qui augmentera la masse de l’engin : passage de 84 t à environ 86,5 t. La voie ferrée actuelle, qui franchit -par le petit pont du Coul- le torrent La Gyronde, après la gare de l’Argentière en montant vers Briançon, ne peut pas supporter une charge de plus de 21 t par essieu. Le
remplacement du tablier du pont est prévu en Octobre-Novembre 2015. Déjà, actuellement, les trains marquent un ralentissement à 60 km/h -sur une zone de 1000 m environ-  aussi bien à la montée qu’à la descente.

Nota : Les normes européennes vont devenir de plus en plus contraignantes en matière de rejet des particules et émissions de CO2. Ces nouvelles directives  ont normalement été appliquées en deux temps : janvier 2009 puis janvier 2012.
Dès la 133ème locomotive, la puissance dumoteur sera portée de 2000 kW à 2400 kW par l'adoption d'un nouveau moteur thermique.
Dans un premier temps la conformité avec celle dejanvier 2009 sera appliquée avec l’adoption d’un nouveau moteur diesel : le MTU 4000 R 43. L’alésage augmentera pour une cylindrée identique ce qui entraînera une augmentation de la masse et du volume. La sortie d’échappement sera aussi déplacée et impliquera une modification de la toiture. La silhouette générale s’en retrouvera modifiée. La tranche 200 de la numérotation devrait être réservée aux locomotives équipées de ce moteur R 43.

Dernière modification le jeudi 12 Février 2015 à 17:15:40
M. Grennerat

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